Guide de l'électricité générale

Une installation électrique vétuste ou non conforme est une cause majeure d'incendie domestique et d'électrisation. La mise en sécurité n'est pas une question de confort : c'est la première dépense à envisager dans un logement ancien qui n'a jamais été repris.
Types de travaux d'électricité
L'installation neuve consiste à créer les réseaux d'alimentation d'un local : tableau, circuits, points d'utilisation, mise à la terre. La rénovation reprend une installation existante, partiellement ou totalement. La mise en sécurité, elle, ne vise pas la conformité complète mais l'élimination des dangers immédiats.
S'y ajoutent la maintenance et le dépannage, la pose d'équipements spécifiques (bornes de recharge, éclairage extérieur, domotique) et les installations de courants faibles : réseau informatique, interphone, alarme.
Norme NF C 15-100
C'est le texte de référence pour les installations basse tension. Elle s'impose au neuf et aux rénovations totales, et sert de guide ailleurs. Ses exigences les plus structurantes : un dispositif différentiel de 30 milliampères protégeant tous les circuits, une liaison équipotentielle dans les pièces d'eau, des volumes de sécurité autour des points d'eau, un nombre minimal de prises par pièce, des circuits spécialisés pour le gros électroménager, et une gaine technique regroupant les arrivées.
La protection différentielle est l'élément vital : elle détecte une fuite de courant vers la terre et coupe avant que le passage à travers un corps ne devienne mortel. Une installation sans différentiel de 30 milliampères est dangereuse, quel que soit son état apparent.
6 points de la mise en sécurité

Le diagnostic électrique obligatoire, exigé lors de la vente d'un logement de plus de 15 ans et lors de la mise en location, porte sur 6 points : la présence d'un appareil général de commande et de protection accessible ; un dispositif différentiel adapté ; une protection contre les surintensités adaptée à la section des conducteurs ; une liaison équipotentielle et des règles de volume respectées dans les salles d'eau ; l'absence de matériel vétuste ou inadapté ; et l'absence de conducteurs non protégés mécaniquement.
Ce diagnostic est informatif : il n'oblige pas à faire les travaux. Il signale en revanche exactement ce qui met en danger, et c'est la meilleure feuille de route pour un budget limité.
Sections de câbles et protections
Chaque circuit associe une section de conducteur et un calibre de protection : 1,5 mm² protégé en 16 ampères pour l'éclairage, 2,5 mm² en 20 ampères pour les prises, 6 mm² en 32 ampères pour une plaque de cuisson. La règle est absolue et souvent violée : on ne protège jamais un conducteur par un disjoncteur d'un calibre supérieur à ce que sa section supporte, sous peine d'échauffement sans déclenchement.
La mise à la terre, enfin, est indispensable au fonctionnement des protections. Une installation sans terre, fréquente dans l'ancien, laisse les masses métalliques sous tension en cas de défaut.
Signaux d'alerte d'une installation électrique
Des prises sans terre, des fils tissu apparents, des dominos dans les plafonds, un tableau à fusibles à broche, une odeur de brûlé près d'une prise, des disjoncteurs qui déclenchent sans motif, des interrupteurs qui chauffent. Chacun de ces signes justifie une intervention, et plusieurs réunis justifient une reprise complète.
Choisir un électricien
Trois vérifications : l'immatriculation de l'entreprise, l'assurance décennale en cours de validité pour l'activité d'électricité, et la remise d'une attestation de conformité visée par l'organisme agréé pour toute installation neuve ou rénovation totale, ce document conditionne la mise en service par le distributeur, et il est demandé lors d'une vente.
Sur le devis, on attend le détail des circuits, la marque et le calibre des protections, la section des conducteurs et le mode de pose. Un devis d'électricité qui ne mentionne aucun de ces éléments n'est pas comparable à un autre.